Mon témoignage, Marine 21 ans

par | Sep 17, 2019 | VOG | 1 commentaire

15h00 : perte de sang je vais aux urgences.

15h15: j’arrive à la maternité une sage-femme m’installe dans une petite salle pour pratiquer les examens de routine à savoir touché vaginal sans gants, analyse d’urines dans un gobelet en plastique.

Je ne me sens pas bien du tout. Grosses nausées, les contractions se rapprochent. Je demande à la sage-femme un haricot pour vomir elle me dit qu’elle n’en a plus. Je me vomis donc dessus. En vomissant je me fais pipi dessus. Je suis donc couverte de vomis et d’urine. Je reste donc plus d’une heure dans cet état. Non, personne ne viendra me voir pour m’aider à me nettoyer. Et non, quand je demande de l’aide personne ne vient m’aider. Car elles sont « trop occupées »

16h30: on me demande d’aller en salle d’accouchement, je suis complètement nue toujours couverte d’urine et de vomi. Que font-ils de ma dignité ? Je ne sais pas.

16h45: ils me nettoient enfin un petit peu.

17h00: Pause de la première péridurale. Échec total. L’anesthésiste l’a loupe. Je hurle de douleur et c’est apparemment de ma faute.

17h15: elle recommence, je hurle encore, on m’engueule mais on me dit que c’est bon, que ça va marcher.

17h30: les contractions me font toujours autant souffrir j’appelle pour demander si c’est normal, de plus j’ai très mal à l’endroit où on m’a posé la péridurale. La réponse est non, ce n’est pas normal.

18h00: Une nouvelle tête arrive. Un nouvel anesthésiste. Il se présente en me disant qu’avec lui ça se passera bien. On me fait la péridurale une troisième fois ! Hallelujah ça marche cette fois et je ne sens rien ! Du moins pendant 2h environ… après les contractions reviennent de plus belle ! Mais on ne prend pas en compte ma douleur. On me dit que c’est normal.

22h : J’ai des contractions atroces, j’appelle pour que l’on vienne me rassurer, mais non tout le monde s’en fou c’est « normal ». Et de toute façon les sages-femmes sont bien trop occupées à parler de leurs dernières vacances ou encore du dernier bar parisien branché.

23h15: Une sage-femme arrive pour commencer le travail. Oui, elle a bientôt fini son service, donc il faut que j’expédie bébé vite fait bien fait pour qu’elle finisse à l’heure !

« Aller on va commencer à pousser mademoiselle ! »

Manque de bol impossible de pousser je n’y arrive pas ce n’est pas de la mauvaise volonté mais impossible ! J’ai terriblement mal, la péridurale ne fait aucun effet pour la douleur, en revanche mon bassin est paralysé. Je ne peux pas pousser.

23h25: on commence à m’appuyer dans tous les sens sur le ventre pour tenter de faire sortir bébé. Vous imaginez bien la douleur. (J’apprendrai plus tard que l’extraction abdominale est interdite depuis Janvier 2007)

23h55: « mademoiselle vous faites n’importe quoi ! Vous mettez votre bébé en danger, son cœur ralentit et c’est de votre faute ! »

Minuit: « on va devoir sortir bébé avec une ventouse plus le choix »

00h17: SPLOTCH !!! Bébé est sorti ! Il me le jette sur moi avant de le prendre dans la précipitation pour me recoudre à vif car au passage la ventouse m’a tout déchiré de l’intérieur. Le vagin littéralement explosé.

00:30 : ils tentent de me recoudre à vif, ils ont l’air étonnés du fait que je bouge! J’ai juste dès spéculums au fond du vagin avec scalpels & co. Je n’imagine pas le bain de sang qu’il doit y avoir en dessous.

00h35: enfin ils prennent la décision d’appeler un anesthésiste pour m’endormir le bassin pour me recoudre ! Qu’est-ce qu’ils sont sympas !!

L’anesthésie ne change rien. J’entends tout ce qu’il se dit, tout ce qu’il se passe. « J’ai rarement vu une chochotte pareille » « Elle n’a fait aucuns efforts » « Faut pas faire de goss si tu as peur d’accoucher »

J’ai mal, je suis épuisée je pleure, je n’ai pas vu mon bébé. Et ils trouvent encore le moyen de me faire culpabiliser en me disant que tout ça c’est de ma faute, que si j’avais poussé comme il fallait on n’en serait pas là.

4h : 3h d’opération plus tard 2 tampons de 25 cm chacun dans mon vagin font pressions, ainsi qu’une sonde urinaire.

Je ne peux pas m’assoir, ni me lever, je ne peux donc pas m’occuper de bébé comme je le voudrais …

Battons nous toutes et tous ensemble pour lutter contre les violences obstétricales et gynécologiques ! 

Marine Gabriel

Fondatrice de Balance Ton Utérus